Sacha Guitry
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samedi 12 mai 2012
Samedi soir
Sacha Guitry
dimanche 15 avril 2012
Aux couleurs de la République
Ni pédalo, ni Titanic....
Juste un air d'Hugues Aufray pour vous dans la tête.
Ah vous auriez préféré Manureva de Chamfort ? Bon. Je note. Next time.
En attendant, tous en chœur !
C'est un fameux trois-mâts fin comme un oiseau Hissez haut Santiano
Dix-huit noeuds quatre cents tonneaux
Je suis fier d'y être matelot
Tiens bon la vague et tiens bon le vent
Hissez haut Santiano
Si Dieu veut toujours droit devant
Nous irons jusqu'à San Francisco
(...) On prétend que là-bas l'argent coule à flot Hissez haut Santiano On trouve l'or au fond des ruisseaux J'en ramènerai plusieurs lingots Tiens bon la vague et tiens bon le vent Hissez haut Santiano Si Dieu veut toujours droit devant (...) Nous irons jusqu'à San Francisco...
jeudi 12 avril 2012
mardi 7 février 2012
samedi 4 février 2012
jeudi 12 janvier 2012
Popu ducon
Populaire : [PO - PU - L3R]. Emprunté au latin popularis, de põpulus : peuple.
Un genre de littérature populaire, un roman populaire ou encore une chanson populaire... Rappelez-vous ! Et ça ne vous quittera plus de la journée ! ... Ça s'en va et ça revient, C'est fait de tout petits riens, Ça se chante et ça se danse, Et ça revient, ça se retient, Comme une chanson populaire...
4° Autres étiquettes pour rappeler que la vie n'est pas drôle tous les jours et peut être un combat... Soupe populaire, secours populaire, front populaire...
5° Le pompon (ou plutôt le Fouquet's) : C'est indigne de reprocher au président de la République d'être allé dans une brasserie populaire des Champs-Elysées... Christian Estrosi, membre de l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP)
C'est vrai, ça, qui n'est pas déjà allé au Fouquet's ? Avec ou sans Rollex. Turlututu !
1°
Qui concerne le peuple. Qui appartient au peuple.
2° Qui est répandu jusque dans le peuple. Cette vérité est devenue populaire.
3° Qui est conforme aux goûts du peuple.Un genre de littérature populaire, un roman populaire ou encore une chanson populaire... Rappelez-vous ! Et ça ne vous quittera plus de la journée ! ... Ça s'en va et ça revient, C'est fait de tout petits riens, Ça se chante et ça se danse, Et ça revient, ça se retient, Comme une chanson populaire...
4° Autres étiquettes pour rappeler que la vie n'est pas drôle tous les jours et peut être un combat... Soupe populaire, secours populaire, front populaire...
5° Le pompon (ou plutôt le Fouquet's) : C'est indigne de reprocher au président de la République d'être allé dans une brasserie populaire des Champs-Elysées... Christian Estrosi, membre de l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP)
C'est vrai, ça, qui n'est pas déjà allé au Fouquet's ? Avec ou sans Rollex. Turlututu !
mercredi 4 janvier 2012
RIO
Grande... Sans mauvais jeu de mots, quoique... On n'est pas franchement dans l'univers d'un western de John Ford. C'est bien la musique de Keith Jarrett qui se retrouve encore au sommet. Concert donné à Rio en avril 2011. Au pays de Pelé, pour jouer à dribbler les touches de son piano... sous l’œil du Christ Rédempteur qui s'y connaît dès lors que le divin pointe son nez. Oui. Vive le Brésil qui a su l'accueillir. Bras ouverts, forcément. Qui a su se plier aux caprices de son altesse tyranissime. Mais... Point de polémiques et de détours inutiles. Ce nouveau solo saura vous ravir, si vous êtes prêt à accepter de vous laisser conduire, les yeux fermés, par KJ. Comme un ticket de grand huit à composter pour mieux nous dérouter, mieux vous enchanter.
Quoi de mieux que de commencer 2012 en détrônant sans coup férir les valses de Strauss. Rien à voir, encore. Là non plus. Quoique. A force de s'infuser de la soupe dans le quotidien sonore, on en oublierait le silence. Et celui de Jarrett est prodigieux à écouter. L'espace d'un instant. Son silence. Ses sons qui l'entourent. Son chemin sans frontières. Souffle court. Yeux fermés. Je vous le dis. L'hiver est encore long. Autant qu'il soit moins rude.
« Un homme ne s’élève jamais plus haut que lorsqu’il ne sait pas où son chemin peut encore le mener. » Friedrich NIETZSCHE
Quoi de mieux que de commencer 2012 en détrônant sans coup férir les valses de Strauss. Rien à voir, encore. Là non plus. Quoique. A force de s'infuser de la soupe dans le quotidien sonore, on en oublierait le silence. Et celui de Jarrett est prodigieux à écouter. L'espace d'un instant. Son silence. Ses sons qui l'entourent. Son chemin sans frontières. Souffle court. Yeux fermés. Je vous le dis. L'hiver est encore long. Autant qu'il soit moins rude.« Un homme ne s’élève jamais plus haut que lorsqu’il ne sait pas où son chemin peut encore le mener. » Friedrich NIETZSCHE
RIO, la bande annonce
La bande annonce, des extraits, trop courts... et les mots des supporters, des collègues... histoire de vendre les deux galettes.
Jarrett ne s'était produit au Brésil qu'une seule fois auparavant, et ce voilà plus de vingt ans. Il avait confié, avant d'entamer sa tournée de concerts en Amérique du Sud, qu'il sentait confusément que " son travail demeurait inachevé " ici : "Je ne pourrais pas très bien vous expliquer ce que je voulais dire exactement par là, mais ce concert est ma réponse. Tout ce que j'ai joué à Rio était entièrement improvisé, et en aucune façon je ne pourrais refaire ce que j'ai fait là une seconde fois, que ce soit ici ou ailleurs, dans un autre pays, dans une autre salle, face à un public différent, une autre nuit. " Keith Jarrett, avril 2011
dimanche 1 janvier 2012
2012
"L'intelligence ne consiste t-elle pas à se fixer en même temps sur deux idées contradictoires sans pour autant cesser de fonctionner ? On devrait, par exemple, pouvoir comprendre que les choses sont sans espoir et, cependant, être décidé de les changer."
Francis Scott Fitzgerald, in la fêlure (1936)
dimanche 13 novembre 2011
Objectif lune
Ou comment garder l'espoir de lendemains qui chantent. D'une boule qui tournerait à nouveau rond. Le printemps arabe a connu quelques soubresauts ces derniers temps mais laissons à leur souveraineté nouvelle, les peuples fraichement arrivés à changer le cours de l'histoire. Ce printemps tant attendu par tous gagne désormais notre vieux continent. Exit Berlusconi ! Ne manquent que le goudron et les plumes. Presque tenté de le rajouter dans la liste de ceux qui, depuis Ben Ali, ont mordu la poussière. Très tenté aussi de penser à ceux qui pourraient lui emboîter le pas. Hum... Patience, patience...
« Le fer heurtant le fer ; La Marseillaise ailée et volant dans les balles ; Les tambours, les obus, les bombes, les cymbales ; Et ton rire, ô Kléber.» Victor Hugo, in "Les châtiments"
« Le fer heurtant le fer ; La Marseillaise ailée et volant dans les balles ; Les tambours, les obus, les bombes, les cymbales ; Et ton rire, ô Kléber.» Victor Hugo, in "Les châtiments"
mercredi 12 octobre 2011
Chantier ouvert
Dernier débat. Creusez, creusons... Allez au fond des choses. C'est le moment. On vous attend.
L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller jusqu'au bout de sa pensée. L. Blum
L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller jusqu'au bout de sa pensée. L. Blum
vendredi 23 septembre 2011
Valise
Valise : [va - liz]. n.f.
4° Mot-valise. Fruit du mariage de deux ou plusieurs mots. Amalgame, disent-ils. La vérité, je vous le dis. Tout ça sent la couillonnerie.
1° Petite malle de voyage qu'on porte à la main généralement du siège d'UBS à Zurich jusqu'à Paris (55 rue de la Boétie). A ne pas confondre avec la valise diplomatique qui elle, reste au Quai de la gare d'Orsay.
2° Avoir des valises sous les yeux. Grosse fatigue. Pas de doute.
3° Faire sa valise. Lang. fam. Casse-toi pauv' con. C'est ce que devrait commencer à faire certains pensionnaires de palais ou d'hôtels parisiens.4° Mot-valise. Fruit du mariage de deux ou plusieurs mots. Amalgame, disent-ils. La vérité, je vous le dis. Tout ça sent la couillonnerie.
samedi 18 juin 2011
Hécatombe
Le pandore n'apprécie guère d'être mis en boîte. Gare à celles et ceux qui l'ouvrent. Hécatombe du sieur Brassens qui ne cesse de se retourner dans tous les sens frise l'affront national. Et l'amende suit la complainte d'une maréchaussée bien basse dans ses oeuvres. Et hop. 200 € et 40h de travaux d'intérêt général, mon général. Et inutile de faire appel ! Qu'on s'le dise.
Georges Brassens - Hécatombe par bisonravi1987
Qui a dit que les gendarmes étaient mal inspirés ?
Brassens ou la liberté, c'est jusqu'au 21 août à la Cité de la Musique : demandez le programme !
Georges Brassens - Hécatombe par bisonravi1987
Qui a dit que les gendarmes étaient mal inspirés ?
Brassens ou la liberté, c'est jusqu'au 21 août à la Cité de la Musique : demandez le programme !
lundi 6 juin 2011
mardi 10 mai 2011
Je, tu, il, elle, nous
Bourrasques populistes et folie du monde. Individualismes et zapping permanent. Peurs de l'Autre et haines en tout genre. Pensées étroites et raccourcis dangereux. Le monde peut-il encore être autre chose que cette marche en avant d'une mondialisation uniforme ?
Le penseur du Tout-Monde, Edouard Glissant nous y aidait... nous y aide encore.
Un monde meilleur, en ce bas-monde. Est-ce bien possible ? Y croire. Oui, bien sûr.
Voyagez, respirez, écoutez, lisez...
"Je dévale les espaces et les temps, les fleuves de Chine au silence étale, qui s’étendent en archipels et débordent sur les terres, engouffrant à chaque fois des dizaines de milliers d’hommes et de femmes et d’enfants dans leurs inondations rituelles, je consulte les calendriers du Ciel, qui présidaient aux destinées de L’Empire, et les caches de brousse et la chaîne des Ancêtres des pays africains, les savanes énergiques sous leurs herbes terrées de feu et les contes des griots mêlés d’uns sagesse qui s’élève en arbre ombrageant, les délicats détails des mythologies de l’Inde, avec leurs marbres verts et leurs accouplements de gymnastes, les temples pillés des sommets des Andes et la parole détournée des Vents des mots d’avant Colomb, les chroniques des cents royaumes du temps féodal au Japon, les proverbes en raccourci des pays malgache et océanien (de l’océan Indien) et antillais, les splendeurs du désert et de la rhétorique antéislamique, et les drapures de leurs poétesses, mi-esclaves mi-déesses, le baroque raide et tout-douce des langues créoles, les contes hachurés des plats pays et des monts tourmentés islandais, et combien de florilèges (styles fleuris) déclamés dans combien d’îles, et les racines de pierres soulevant des dieux dont l’œil envahit partout, c’est dans les gorges bourrées d’eau de la Péninsule Indochinoise, et la houle et le ressac de tant de mers que les peuples labourent en cercle (non plus par cette projection funeste vers des terres nouvelles qui seraient à conquérir), je parcours le haut des déserts encore, des déserts qui planent toujours ici-là et qui sont eux, réellement universels, et les silences des Sierras, je tremble aux tremblements de terre où nous errons et l’œil du cyclone guette sur moi, et tant de guerres ont ravagé partout qu’il ne reste plus de songe ni de rêve éveillé où se recueillir, et tant d’épidémies insondables comme des flammes d’incendies ont mangé la pensée du monde ainsi qu’un caco blet et déjà pourri, j’accomplis les douze itinéraires du Livre des morts égyptien, et cet autre énorme aplatissement des villes crépite au bord des Archipels, charroyant ses mangroves de misères et de vacarmes soudain déterrés, j’admire partout combien d’invention, de techniques tressées en l’humble empressement artisanal de chaque jour, je crie combien de poèmes et je tâche à déchiffrer en combien de profonds, mais en nulle part, dans le peu que je connais ainsi et dans rien de ce que j’imagine de ce monde, je ne surprends l’ardent stigmate où enflait, se cachant le plus souvent, cette volonté roide qui a porté à Universel. Aucune poétique n’est « universelle » pour nous. L’idée du monde n’y suffit pas. Une littérature de l’idée du monde peut-être habile, ingénieuse, donner l’impression qu’elle a « vu » la totalité, si elle n’est que d’idée elle vaticinera dans des non-lieux et ne sera que subtile déstructure et hâtive recomposition. Les poétiques fuient l’impeccable perfection de leur propos même, se donnent au tremblement. Les anciens poèmes, les poèmes incertains d’alentour, l’inspiration des amis, le cri au loin. L’idée du monde n’est vivante que de s’autoriser des imaginaires du monde, où s’annonce que mon lieu, inlassablement conjoint à d’autres, et en quoi sans bouger il s’aventure, et comment il m’emporte dans ce mouvement immobile."
D’un traité du Tout-monde.
La terre, le feu, l’eau et les vents : une anthologie de la poésie du Tout-monde
Edouard GLISSANT
Le penseur du Tout-Monde, Edouard Glissant nous y aidait... nous y aide encore.
Un monde meilleur, en ce bas-monde. Est-ce bien possible ? Y croire. Oui, bien sûr.
Voyagez, respirez, écoutez, lisez...
"Je dévale les espaces et les temps, les fleuves de Chine au silence étale, qui s’étendent en archipels et débordent sur les terres, engouffrant à chaque fois des dizaines de milliers d’hommes et de femmes et d’enfants dans leurs inondations rituelles, je consulte les calendriers du Ciel, qui présidaient aux destinées de L’Empire, et les caches de brousse et la chaîne des Ancêtres des pays africains, les savanes énergiques sous leurs herbes terrées de feu et les contes des griots mêlés d’uns sagesse qui s’élève en arbre ombrageant, les délicats détails des mythologies de l’Inde, avec leurs marbres verts et leurs accouplements de gymnastes, les temples pillés des sommets des Andes et la parole détournée des Vents des mots d’avant Colomb, les chroniques des cents royaumes du temps féodal au Japon, les proverbes en raccourci des pays malgache et océanien (de l’océan Indien) et antillais, les splendeurs du désert et de la rhétorique antéislamique, et les drapures de leurs poétesses, mi-esclaves mi-déesses, le baroque raide et tout-douce des langues créoles, les contes hachurés des plats pays et des monts tourmentés islandais, et combien de florilèges (styles fleuris) déclamés dans combien d’îles, et les racines de pierres soulevant des dieux dont l’œil envahit partout, c’est dans les gorges bourrées d’eau de la Péninsule Indochinoise, et la houle et le ressac de tant de mers que les peuples labourent en cercle (non plus par cette projection funeste vers des terres nouvelles qui seraient à conquérir), je parcours le haut des déserts encore, des déserts qui planent toujours ici-là et qui sont eux, réellement universels, et les silences des Sierras, je tremble aux tremblements de terre où nous errons et l’œil du cyclone guette sur moi, et tant de guerres ont ravagé partout qu’il ne reste plus de songe ni de rêve éveillé où se recueillir, et tant d’épidémies insondables comme des flammes d’incendies ont mangé la pensée du monde ainsi qu’un caco blet et déjà pourri, j’accomplis les douze itinéraires du Livre des morts égyptien, et cet autre énorme aplatissement des villes crépite au bord des Archipels, charroyant ses mangroves de misères et de vacarmes soudain déterrés, j’admire partout combien d’invention, de techniques tressées en l’humble empressement artisanal de chaque jour, je crie combien de poèmes et je tâche à déchiffrer en combien de profonds, mais en nulle part, dans le peu que je connais ainsi et dans rien de ce que j’imagine de ce monde, je ne surprends l’ardent stigmate où enflait, se cachant le plus souvent, cette volonté roide qui a porté à Universel. Aucune poétique n’est « universelle » pour nous. L’idée du monde n’y suffit pas. Une littérature de l’idée du monde peut-être habile, ingénieuse, donner l’impression qu’elle a « vu » la totalité, si elle n’est que d’idée elle vaticinera dans des non-lieux et ne sera que subtile déstructure et hâtive recomposition. Les poétiques fuient l’impeccable perfection de leur propos même, se donnent au tremblement. Les anciens poèmes, les poèmes incertains d’alentour, l’inspiration des amis, le cri au loin. L’idée du monde n’est vivante que de s’autoriser des imaginaires du monde, où s’annonce que mon lieu, inlassablement conjoint à d’autres, et en quoi sans bouger il s’aventure, et comment il m’emporte dans ce mouvement immobile."
D’un traité du Tout-monde.
La terre, le feu, l’eau et les vents : une anthologie de la poésie du Tout-monde
Edouard GLISSANT
lundi 18 avril 2011
Liberté
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom
Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom
Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom
Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté.
Paul Eluard
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom
Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom
Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom
Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté.
Paul Eluard
lundi 21 mars 2011
Front
FRONT nom masculin. - (1080 ; lat. frons). Gare à la confusion. Au féminin, difficile de passer l'éponge.
1. Partie supérieure de la face humaine, comprise entre les sourcils et la racine des cheveux. Le front haut. Gagner son pain à la sueur du front. Par ext. littér. Les opprimés commencent à relever le front.
2. Revirement. Faire front. Résister, tenir. Le Printemps arabe toujours et encore. Tomber au front. Les combattants du front. Le blogueur libyen de Benghazi, Mohammed Nabbous est mort au front. Le 16 mars, il disait : « Ecoutez les amis. Etre fort ou faible ce n'est pas important aujourd'hui. Ce qui compte c'est d'être vivant ou mort, et on doit faire quelque chose maintenant. ». Il aurait pu, il aurait dû marcher le front haut, avec fierté dans son pays libéré.
3. Façade, fronton. Front de mer. Tsunami plus fort. Le premier ministre Naoto Kan a dû finalement courber le front. Tristesse et désolation au Japon.
4. Bloc, groupement, ligue. Le front quand il est républicain permet de faire barrage à celui simplement national. Tous ne l'ont compris. C'est clair, le front n'est plus populaire. Le front sera présent au second tour dans 402 cantons. Dans 39 d'entre eux, le parti frontiste est arrivé en tête au premier tour. Désormais national ou de gauche, il hérisse le poil. Votons !
5. De front. Loc. Adv. heurter de front quelqu'un. Directement et sans ménagement. Aborder de front un problème.
6. Audace, impudence. "Quoi, vous avez le front de trouver cela beau ?" Molière
vendredi 11 mars 2011
Printemps des poètes...
Rien en poésie ne s'achève. Tout est en route à jamais.
En d'autres temps, d'autres termes, d'autres élans, la Poésie, comme l'amour, se réinvente par-delà toute prescription.
Ne sommes-nous pas en premier lieu, des créatures éminemment poétiques ?
Venues on ne sait d'où, tendues vers quelle extrémité ? Pétries par le mystère d'un insaisissable destin ? Situées sur un parcours qui ne cesse de déboucher sur l'imaginaire ? Animées d'une existence qui nous maintient - comme l'arbre - entre terre et ciel, entre racines et créations, mémoires et fictions ?
La Poésie demeurera éternellement présente, à l'écoute de l'incommensurable Vie.
Andrée Chedid
En d'autres temps, d'autres termes, d'autres élans, la Poésie, comme l'amour, se réinvente par-delà toute prescription.
Ne sommes-nous pas en premier lieu, des créatures éminemment poétiques ?
Venues on ne sait d'où, tendues vers quelle extrémité ? Pétries par le mystère d'un insaisissable destin ? Situées sur un parcours qui ne cesse de déboucher sur l'imaginaire ? Animées d'une existence qui nous maintient - comme l'arbre - entre terre et ciel, entre racines et créations, mémoires et fictions ?
La Poésie demeurera éternellement présente, à l'écoute de l'incommensurable Vie.
Andrée Chedid
mercredi 2 mars 2011
Requiem
Bayon : Est-ce que ça t'aurait plu, de vivre et donc de mourir à une autre époque ?
Serge Gainsbourg : Ouais, en 2028, j'aurais eu 100 ans. Non, en fait j'aurais aimé vivre le mouvement dada. Je pense que j'aurais réussi en peinture et en poésie dans le système dadaïste. C'était la dérision et le cynisme absolu.
Bayon : A propos de références ; est-ce qu'on peut considérer que Verlaine est une de tes influences ?
Serge Gainsbourg : Verlaine ? Il fait chier. Je ne connais pas de Verlaine. Je connais que Rimbaud. Du couple. Il n'arrête pas de pleurer. Je ne pleure pas. Je gueule.
Extrait de l'interview post mortem réalisée par Bayon en 1981, publiée le 04/03/1991 dans libé.
samedi 1 janvier 2011
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