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vendredi 13 avril 2012

samedi 10 mars 2012

Paix à son âme


L'info est tombée.  
Moebius - Giraud, géant parmi les géants n'est plus.
Blueberry, héros modèle d'une collection chérie, dévorée, lue, relue, jouée dans les cours de récré. Blueberry fier pendant de Josh Randall, de l'Harmonica ou encore de Josey Wales... D'un coup, c'est comme un flash back, plein les mirettes. Ben ouais.

Moebius, ensuite.. peut être pour être pris au sérieux. Pour grandir un peu, explorer d'autres univers, côtoyer le grand ART. Y entrer ici et .

Lettres et bulles de noblesse. A coup sûr.

Que Libé soit à la hauteur lundi matin et sorte une Une digne de ce nom.

jeudi 1 mars 2012

Joie méchante

C'est ce que Limanov lui-même a exprimé après l'attribution du prix Renaudot à Emmanuel Carrère : "une joie méchante". On peut comprendre ce sentiment contrasté de Limonov. Héros de livre, lui qui rêvait d'un destin de héraut national-bolchévique. Il y a de quoi l'avoir mauvaise. Les bien-pensants occidentaux récompensant un Carrère qui va se faire du beurre sur le dos d'un révolutionnaire.
Mais, au-delà de ça, dans cet hiver en fin de règne, il me faut saluer une vraie joie de lecture. Carrère donne, dans son bouquin, du lustre à un personnage obscur, sulfureux, antipathique mais captivant. Cette vie sous toutes les coutures de Limonov, idole underground comme exhibée en plein air, laisse la crasse, le sang, le sexe, la poésie, la puanteur, la vodka... se mêler à l'histoire de la Russie post Brejnévienne jusqu'à Poutine. La journaliste Anna Politkovskaïa ouvre le sinistre bal de cette perdition. La boue malsaine et grise est bien le fil rouge (sic) de l'Histoire de la Russie, d'un roman baigné dans le réel. La fascination reste ainsi intacte au fil des pages et Carrère réussit avec l'Est ce qu'Ellroy, dans une certaine mesure, a raconté de l'Ouest. La morale n'est pas plus sauve. Mais, sans doute, "est-ce plus compliqué que cela", diraient auteur et protagoniste dans un même élan.

lundi 6 juin 2011

Saint Antoine



Dieu a fait le monde en cinq jours. Ensuite il a fait le con.
Frédéric Dard

lundi 18 avril 2011

Liberté

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard

vendredi 11 mars 2011

Printemps des poètes...

Rien en poésie ne s'achève. Tout est en route à jamais.

En d'autres temps, d'autres termes, d'autres élans, la Poésie, comme l'amour, se réinvente par-delà toute prescription.

Ne sommes-nous pas en premier lieu, des créatures éminemment poétiques ?

Venues on ne sait d'où, tendues vers quelle extrémité ? Pétries par le mystère d'un insaisissable destin ? Situées sur un parcours qui ne cesse de déboucher sur l'imaginaire ? Animées d'une existence qui nous maintient - comme l'arbre - entre terre et ciel, entre racines et créations, mémoires et fictions ?

La Poésie demeurera éternellement présente, à l'écoute de l'incommensurable Vie.

Andrée Chedid

mercredi 2 mars 2011

Requiem




















Bayon : Est-ce que ça t'aurait plu, de vivre et donc de mourir à une autre époque ?
Serge Gainsbourg : Ouais, en 2028, j'aurais eu 100 ans. Non, en fait j'aurais aimé vivre le mouvement dada. Je pense que j'aurais réussi en peinture et en poésie dans le système dadaïste. C'était la dérision et le cynisme absolu.

Bayon : A propos de références ; est-ce qu'on peut considérer que Verlaine est une de tes influences ?
Serge Gainsbourg : Verlaine ? Il fait chier. Je ne connais pas de Verlaine. Je connais que Rimbaud. Du couple. Il n'arrête pas de pleurer. Je ne pleure pas. Je gueule.

Extrait de l'interview post mortem réalisée par Bayon en 1981, publiée le 04/03/1991 dans libé.

mercredi 2 février 2011

No Pasaran

Depuis le temps que l'on nous bassine avec 2012, c'était oublier 2011. Année à rebrousse poils pour les autocrates arabes. C'est ainsi. Yallah les amis. Le train de la démocratie est lancé. Même les amis de Mickey s'y mettent et essayent de rester à niveau en désignant Art Spiegelman lauréat du grand prix d'Angoulême. Comme un rappel utile à tous, à l'heure où des croix gammées fleurissent en Alsace. Terre meurtrie. Turcs honnis. Insupportable. Bêtise sans nom. Ou plutôt si...
La lie de l'humanité n'est jamais loin. Ne jamais oublier. Ne jamais lâcher prise.

jeudi 30 décembre 2010

Dernières lectures de l'année

Avant de tourner la page. Lire les mots de ceux nés avant Guerre. Lire dans leur rétroviseur. Plonger dans une jeunesse somme toute éternelle. Titre commun. Ou presque.

Avec Philip Roth, l'espoir est une nouvelle fois déchu. La révolte est impuissante et les mauvais choix se payent très chers. Le propre du roman. Celui qui livre malgré tout son lot de plaisirs.

Indignez-vous. Il en restera toujours quelque chose. Stéphane Hessel veut rester dans un dernier élan écrit porté par l'espérance. Essai militant. Propos polémistes. L'indignation en fer de lance. Maître mot à décliner dans tant de domaines.

vendredi 16 juillet 2010

Inspiration

Respiration. Regonfler la cadette guitariste en herbe qui découvre le maître... ça tombe bien, un dernier opus post mortem, Valleys of Neptune, est proposé dans toutes les bonnes boutiques. Sans doute aussi en superette. Mais bon. Peu importe. En ces temps creux et chauds, pourvu qu'il y ait la galette (du roi). En prime un bouquin de Koechlin qui raconte la vie d'un hendrixologue fou. C'est comme qui dirait une lecture possible de l'été.

dimanche 16 mai 2010

Quai d'Orsay

Hop. Fait froid, fait moche. Rien ne va. L'évasion est ailleurs. Pas si loin non plus. Au fond du fauteuil avec une BD. Blain et Lanzac ont eu la bonne idée de travailler ensemble pour plonger dans un cabinet. Oui. Le Quai d'Orsay sur des planches de BD. Affaires étranges. Coulisses effervescentes. Dans les pas et les mots de Villepin, pour être précis. Ce Diplo d'un vieux pays, d'une vieille Europe... nous donne les clés du monde. Nous livre ses éléments de langage. Hop, hop et au fil des pages, ils nous offrent un vrai petit euphorisant. Terriblement bien fait. J'vous le dis. Tchac - tchac. Allez-y.

L'universalité des choses n'est ni l'œuvre des dieux, ni celle des hommes ; mais elle a été, et elle sera éternellement le feu vivant, s'embrasant et s'éteignant avec mesure. Pensées d'Héraclite





A lire ailleurs...

mercredi 17 février 2010

Pince sans rire

Chaude recommandation du jour. Histoire de passer une éventuelle rage de dents et une météo grise, avec un sourire jaune. A mi-chemin des idées noires de Franquin, tout près de la Famille Oboulot en mode SDF, de Reiser, on se régale, on se marre de ces histoires de misères. Le Borgne qu'il s'appelle.
Humour bienvenu. Même notre président s'y met. "Mourir, c'est pas facile" a-t-il dit devant un parterre de blouses blanches. Blues, ouaih. C'est ça. Moix en profite pour nous faire rire à son tour. Il a ben raison.

jeudi 14 janvier 2010

James Ellroy, Underworld USA

Tambours, trompettes et noeud papillon de rigueur. La trilogie du maître absolu du roman noir est bouclée. Pour en savoir plus, pas de soucis. Ellroy est partout sur les ondes, dans la lucarne, dans les (bonnes) librairies. Comme une tête de gondole en tournée promotion. Chez Nicolas Demorand sur France Inter ce lundi ou à Strasbourg pour des conversations en direct à la librairie Kléber. Sans doute à Canal aussi. Car, oui... tout en étant un fichu réac' in-sup-por-ta-ble, ce mec est un génie in-con-tour-na-ble pour qui a envie de sortir de l'ordinaire forcément routinier. Bref. Sus aux 850 pages de son pavé!

lundi 11 janvier 2010

Anouar Brahem

Nouvel album d'Anouar Brahem.
Comme une invitation au rêve, au voyage méditatif, à une douce mélancolie... Comme dans un état de grâce où tout réussit à l'Elu, Anouar Brahem sait nous promener à sa guise dans son monde musical. Jamais les silences (chers à Miles!) n'ont aussi bien résonné, jamais les respirations de la clarinette au son de l'oud n'ont aussi bien chanté. Comme une évidente maturité, dans une réunion cosmopolite, cet album sans prétention, ode au poète palestinien disparu, Mahmoud Darwich est une des valeurs sûres du moment. N'hésitez pas !

Quelques extraits ici!

Anouar Brahem oud
Klaus Gesing bass clarinet
Björn Meyer bass
Khaled Yassine darbouka, bendir

Photo : Fouad Elkoury

lundi 4 janvier 2010

Ombre et brouillard

Je ne sais pas pourquoi, mais souvent au premier jour de reprise, j'ai comme une envie irrésistible d'hiberner et de me faire une cure ciné.
Pour le coup, quand je regarde par la fenêtre, je commencerais bien par Woody Allen et son "ombres et brouillard".
L'option polar au lit n'est pas mal non plus. Pour info. Les éditions POINTS organisent le prix du meilleur polar. Avec plein de titres à suivre jusqu'en novembre 2010. De quoi passer largement l'hiver. Pouvez même faire partie du jury présidé par le grand Arnaldur Indridason. C'est pas beau, ça ?

jeudi 31 décembre 2009

Les mots d'Albert

(...) Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le fera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. Héritière d'une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd'hui tout détruire mais ne peuvent plus convaincre, où l'intelligence s'est abaissée jusqu'à se faire la servante de la haine et de l'oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d'elle, restaurer à partir de cette négation un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d’établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu’elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d’alliance. Il n’est pas sûr qu’elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que, partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l’occasion, sait mourir sans haine pour lui. (...)

Albert Camus, discours de Suède, 10/12/1957

lundi 21 décembre 2009

En toutes circonstances

En tout lieu et à tout âge.
L'occasion d'ouvrir la rubrique des chaudes recommandations. Je vous en livre une, hum : Mensonges sur le divan d'Irvin YALOM. Régal. Impression d'avancer, page après page, tout nu, sur la pointe des pieds. Et à chaque inspiration de l'auteur s'embarquer avec lui, pendu à ses lignes, vers des frémissements de jouissance en silence. Brrr. Rien que ça. Eh bien oui. Ne pas toujours brider son enthousiasme ni bouder son plaisir. Je vous l'accorde. C'est bientôt Noël.
Et vous ? Quoi de bien sur le chevet à déposer sous le sapin ?